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Chapitre 11

     La sombre ombre assomme les décombres de sa monstrueuse présence. Un souffle de peur gèle les cœurs. Le Mange-Doudou mange les tout-doux par les deux bouts. Aouuuuuu ! Aouuuuuuuu ! hurla-t-il sous ses yeux de fou. L’horribilifiante terreur du monde imaginaire apparut soudain devant Iris et Le Fennec.

   — Utilise le Doudou-Philosophale ! suggéra le petit renard blanc.

   — Mais comment ? 

Désemparée, Iris tendit le terne petit ours devant elle.

     Cela n’impressionna nullement le Mange-Doudou qui partit d’un rire menaçant.

   — Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Que penses-tu faire avec ce vieux chiffon ? 

Et il souffla si fort que le Doudou-Philosophale s’envola des mains de la petite fille. La peur était en train de l’envahir.

   — Non ! Ne te laisse pas submerger par la peur, Iris ! Sinon le monde imaginaire sera corrompu et tu ne pourras plus jamais revenir ! Ressaisis-toi ! encouragea Le Fennec qui sauta sur l’épaule rose de la petite ninja et conseilla : Allez, Ninja Chouket ! C’est le moment d’utiliser les techniques que Diamant t’as apprises ! 

   — Tu as raison Le Fennec ! Technique du Saut-de-la-Balançoire ! Yaaaaaaaa ! 

Iris s’élança d’un bon vers le Mange-Doudou qui en fut surpris.

— Technique panda ! Technique chaton ! Et encore Saut-de-la-Balançoire ! Yaaaa ! 

     Ninja Chouket enchaînait les techniques tout en virevoltant autour du monstre pour le désorienter. Elle déballa sans même y penser tout l’éventail de ce que lui avait appris Diamant. Et cette spirale tournoyante de chaton-panda rose trop mignon-mignon finit par désarçonner le Mange-Doudou.

   — Ah ! Mais comment fais-tu cela ?  grogna-t-il de surprise, comment arrives-tu à décupler ton niveau de mignonitude ? C’est impossible ! 

   — Non c’est pas impossible, c’est Ninja Chouket ! Tiens ! Attrape-ça ! intervint Le Fennec qui avait profité de la diversion pour récupérer le Doudou-Philosophale.

     Il le lança à la petite fille qui le saisit d’un bond agile.

   — Comment ça marche ?  demanda-t-elle en observant de nouveau la terne peluche.

   — Utilise ton pouvoir de mignonitude et il te révèlera la vraie nature des choses. 

Tout à coup Le Fennec était bien érudit. (Encore une belle facilité de l’auteur…).

Et Ninja Chouket leva le Doudou-Philosophale au dessus de sa tête tout en invoquant :

   — Par le pouvoir du chapanpin ancestral, révèle-nous la vraie nature des choses ! 

 

     (Le chapanpin est un animal mythologique tellement mignon qu’il est capable de faire craquer absolument tout le monde. Même les fascistes les plus stupides et les militaires les plus idiots de la planète deviennent complètement gaga en le voyant. Il est issu de la fusion entre un chaton, un panda et un lapin).

   — Qu’est ce que tu fais ? grogna encore le Mange-Doudou qui reprenait à peine ses esprits.

Le rayon révélateur jaillit du Doudou-Philosophale dans un fabuleux arc-en-ciel étincelant. Tout autour, les décors se nourrirent instantanément des couleurs chatoyantes et semblèrent reprendre lentement forme et vie.

   — Ça marche ! s’écria Le Fennec.

   — Grrrrrrr, commenta le monstre mis à mal par toutes ces couleurs et ces choses mignonnes.

   — Oh ! Regarde Fennec ! C’est Diamant ! Il faut la sortir de là. 

Iris voyait maintenant apparaître son amie la louve verte à l’intérieur du Mange-doudou.

   — Libère Diamant tout de suite !  ordonna-t-elle avec l’adorable autorité du chapanpin.

   — Non ! hurla le monstre, je ne peux pas libérer Diamant. Je suis Diamant ! 

Chapitre 12
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     Iris Ninja Chouket et Le Fennec petit renard blanc étaient abasourdis par la révélation que venait de faire le Mange-Doudou.

   — Non, c’est pas vrai, t’es pas Diamant, t’es un méchant monstre ! affirma la fillette avec justesse.

   — Je suis les deux, Iris. 

     A présent, le Mange-Doudou avait la voix de Diamant et son apparence s’était mue à mi chemin entre la louve verte et la bête d’ombre. Tout autour de nos trois personnages, les décors s’étaient reformés et les couleurs ravivées. On était de nouveau dans le petit bois-à-loup. Mais, avait-on vraiment visité d’autres endroits ? Avons-nous réellement voyagé par delà les contrées lointaines ? Où sommes-nous vraiment allés ? De quelle substance est fait notre monde ? Tant de questions sans réponses alors que la fin de l’histoire approche à grand pas. (Moi je le dis depuis le début que c’est n’importe quoi cette histoire).

     Mais déjà au loin, les sept louveteaux de Diamant revenaient en courant vers leur mère.

   — Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman. Maman, crièrent-ils tous.

   — Je comprends pas, comment tu peux être les deux ? s’enquit Ninja Chouket.

   — C’est très simple Iris (bin voyons !), je suis comme les deux faces d’une même pièce. Je suis en même temps le rêve et le cauchemar. 

   — Non, ce n’est pas possible, tu ne peux pas être les deux ! 

   — Nier l’évidence ne te mènera nulle-part. Il est temps d’avancer et de te poser les bonnes questions. 

   — Attends, j’ai que trois ans (et demi). 

   — Je te l’accorde, Ninja Chouket. Alors pour faire simple, disons que je suis une clé qui ouvre le coffre à rêve. Ce que je peux créer ne dépend que de toi. J’apparais différemment selon tes certitudes, tes joies ou tes peurs. Tout simplement. 

   — Génial ! s’écria Iris avec enthousiasme, et maintenant j’ai le Doudou-Philosophale et je sais faire le chapanpin. Que d’aventures extraordinaires ! 

Tout autour, les décors et les personnages devinrent flous et disparurent enfin.

 

     Dans son petit lit à barreaux, Iris ouvrit doucement les yeux. La douce lumière matinale diffusait une clarté sereine dans la chambrette.

   — Papa, appela-t-elle doucement.

La porte s’ouvrit aussitôt et son père entra.

   — Bonjour, ma chérie, devine ce que j’ai retrouvé ? 

     Il avait une main cachée dans le dos. Papa ne fit point durer le suspense et révéla ce qu’il dissimulait avant que la fillette ne commence à chercher.

   — Amelomelopé ! cria-t-elle joyeusement en tendant les bras vers le doudou.

 

     Tout est fin qui bien finit…

 

                                            Fin